Les retombées

Jean-Pierre Andrevon

7,00

En 1979, Jean-Pierre Andrevon imagine un coin de France, le jour d’Après.
ISBN : 978-2-36935-028-6
120 pages
date de parution : mars 2015

« Je m’excuse, Monsieur. Je ne peux vraiment rien vous dire. C’est le secret militaire. Croyez bien que seules des raisons de sécurité sont en cause. Il ne faut en aucun cas vous affoler. Nous avons la situation bien en main. Tout danger est écarté dans l’immédiat. Maintenant je dois vous demander instamment de monter dans le camion. Nous ne pouvons pas perdre davantage de temps… »

On ne sait ni où, ni comment, ni pourquoi, mais c’est arrivé. Ces quelques individus épars se sont trouvés dans le brouillard lourd et épais, et se serrent les coudes en attendant d’en savoir plus. Plus sur ce qui s’est passé. Plus sur la réalité des radiations qui les entourent. Plus sur l’avenir du pays. Du monde. Et encore plus sur leur chance de survie. Au bout de leur errance dans la campagne française, certaines réponses ne vont pas tarder à surgir.

Paru pour la première fois en 1979, l’année de l’accident de la centrale de Three Mile Island, « Les retombées », nouvelle d’anticipation inquiétante et sombre, offre un scénario possible de la catastrophe nucleaire et de la gestion d’urgence mise en œuvre par les autorités. L’objectif : effacer toute trace de l’accident, faire comme si ce qui n’aurait jamais dû se produire n’avait jamais eu lieu.

Dans son Livre d’or, en 1983, Jean-Pierre Andrevon confiait : « Des lecteurs m’ont parfois reproché de ne pas expliciter ce qui est vraiment arrivé, ni ce qui va arriver au personnage principal : ce n’est pas là une lâcheté ni une impuissance thématique – je crois au contraire qu’en cas de catastrophe grave, on ne sait jamais ce qui vous arrive, on est des jouets impuissants de forces qui restent invisibles (cf. les juifs qui ne comprenaient toujours pas en entrant dans les chambres à gaz…) ».

Jean-Pierre Andrevon

Depuis la parution de sa première nouvelle, « La Réserve » (Fiction n°174), en mai 1968 – un signe ! –, Jean-Pierre Andrevon (né le 19 septembre 1937 à Bourgoin-Jallieu) n'a cessé d'occuper une place prépondérante dans le paysage français de la science-fiction. Sa bibliographie compte cent trente ouvrages dans les genres les plus divers. Outre son intense activité d'écriture, il est aussi dessinateur et musicien. Il a collaboré, dès les années 1970, à de nombreux journaux (Charlie-Hebdo, À suivre, Fiction…) et tient encore aujourd'hui une chronique dans la revue L'Écran fantastique. Personnalité ouvertement engagée, il a participé à la revue d'écologie La Gueule ouverte dès son premier numéro en 1972.

« Jamais notre auteur n’est aussi sublime et percutant que lorsqu’il dépeint les apocalypses. Et celle-ci vous prend tellement aux tripes qu’elle en devient grandiose. Symphonie de l’horreur bâtie avec ces phrases à couper le souffle tant elles s’apparentent parfois à des poèmes en prose, ce court roman ou cette longue nouvelle, au choix, atteint véritablement à la perfection. Il faut impérativement placer ce petit ouvrage dans sa bibliothèque ou, mieux, sur sa table de chevet pour, le plus souvent possible, le relire ou en déguster quelques passages avant de s’abandonner aux rêves de la nuit… ou aux cauchemars.
L’écran fantastique


Écrit en 1979, cette nouvelle nous plonge directement dans la peur du nucleaire. On y suit cinq personnages qui fuient une explosion inexpliquée et qui se sont regroupés un peu par hasard, et leur nouvelle vie dans un camp militaire. Angoissant.
Christophe, libraire à la Fnac Paris Saint Lazare


Les éditions du passager clandestin continuent leur remarquable travail de réédition de textes courts, mais indispensables de science-fiction. (…) Avec ce texte, l’écrivain est dans son rôle : celui du veilleur, du porteur d’alterte. Et Andrevon, en concentrant ici les menaces réelles sur l’environnement et sur la démocratie et les libertés, donne l’alerte.
Galaxies


Véritable charge contre les conséquences d’une catastrophe nucleaire autant que contre le fascisme larvé d’une armée devenant rapidement inquiétante, Les retombées se révèle un texte aussi facile d’accès qu’intelligent. Une bonne dose de noirceur où l’humain patauge, aveugle, dans les méandres d’un siècle atomique.
Bifrost


Court et implacable ! Andrevon fait assez fort pour rester dans un sentiment de flou qui ne se relâchera pas du long. On ne montre pas les symptômes, on ne peux que les imaginer. (…) Un récit à lire au plus vite (et à conseiller même dans les écoles et collèges). En bonus, quelques pages qui ont le mérite d’évoquer l’auteur ainsi que le contexte d’écriture de la nouvelle, dates historiques liées à la bombe atomique en main (et ce n’est pas plus rassurant pour notre époque actuelle) avec aussi quelques films et ouvrages à voir et lire.
Chroniques rebelles »