Les arbres doivent-ils pouvoir plaider ?

Christopher Stone

Catherine Larrère

12,00

La traduction inédite d’un texte fondateur sur la préservation de la nature.
ISBN : 978-2-36935-087-3
130 pages
date de parution : novembre 2017

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En 1972, pour contrer un projet de la Walt Disney Company qui menaçait une forêt de séquoias en Californie, le juriste Christopher Stone proposa, dans cet article pionnier, d’accorder des droits aux arbres et « à l’environnement naturel dans son ensemble ».
Par ce texte (jusqu’ici inédit en français), Stone a contribué de façon décisive, aux côtés d’auteurs comme Rachel Carson, Lynn White Jr, Peter Singer ou Arne Næss, à la prise de conscience de la valeur intrinsèque de la nature. L’originalité de sa position tient à son caractère juridique : en conférant aux entités naturelles le droit, dans certaines situations, de se défendre en justice par l’intermédiaire de représentants, il ouvre la voie au primat de leur préservation sur le pur calcul économique.
Cette idée a fait son chemin. En 2008, la Constitution de l’Équateur faisait expressément de la nature un sujet de droit. En 2016, en Nouvelle-Zélande et en Inde, des fleuves se sont vu reconnaître une personnalité juridique. Depuis quelques années, un peu partout dans le monde, un débat philosophique et juridique intense interroge les liens qui unissent humains et non-humains sur notre planète.

Dans une ample préface, après avoir replacé l’article de Stone dans son époque, Catherine Larrère éclaire l’état de la controverse actuelle et livre sa réflexion sur les positions des mouvements contemporains de revendication de droits pour la nature.

Le texte de Christopher Stone est traduit de l’anglais par Tristan Lefort-Martine.

Christopher Stone

Né en 1927, juriste étatsunien et spécialiste d'éthique environnementale, Christopher Stone étudie depuis plus de quarante ans les enjeux sous-jacents aux problèmes écologiques globaux tels que le changement climatique, la perte de biodiversité et la destruction des ressources naturelles. Il est l'auteur de nombreux articles et ouvrages portant sur la politique énergétique étatsunienne, le droit du commerce, la criminalité des entreprises ou encore la protection des océans. Il a contribué à l'émergence du mouvement écologiste étatsunien en écrivant en1972 Should Trees Have Standing, dont le passager clandestin publie la première traduction française intégrale en 2017. Il travaille activement à l'élaboration d'un droit international sur les questions environnementales.

Catherine Larrère

Professeure émérite à l'Université Paris 1-Panthéon Sorbonne, Catherine Larrère est spécialiste de philosophie morale et politique. Elle a contribué à introduire en France les grands thèmes de l'éthique environnementale d'expression anglaise, et à développer la philosophie environnementale, autour des questions de protection de la nature et de prévention des risques, aux niveaux local et global.

Je vous recommande vivement la lecture de [cet] essai écrit alors que Christopher Stone réfléchissait à la meilleure façon de s’opposer à un projet de la compagnie Walt Disney, qui menaçait une forêt de séquoias. Livre écrit en 1972 mais d’une grande actualité.
Hervé Gardette, France culture


En publiant dès 1972 un article sur l’octroi d’un statut aux communs naturels, notamment aux arbres, Christopher Stone a semé quelques graines vers la naissance du mouvement mondial pour les droits de la nature. La publication aux éditions le passager clandestin de son ouvrage de référence internationale […] préfacé par la philosophe de l’environnement Catherine Larrère, constitue un apport de taille à la formation de ce mouvement en France.
Terrestres


Dès 1972, le professeur américain Christopher Stone affirmait que l’environnement naturel devait devenir un sujet de droit […]. La démonstration juridique de Stone sera accueillie par quelques moqueries et haussements de sourcils. Le livre deviendra pourtant un classique des réflexions sur le droit de la nature. Il n’avait pourtant jamais été publié en intégralité en France. Les éditions le passager clandestin viennent d’y remédier. En préface de l’édition française, la philosophe Catherine Larrère offre une lecture critique du texte de Stone, qui permet de rendre toute sa tension à un ouvrage capital du droit et de l’écologie.
Libération


Un texte fondamental.
Hervé Gardette, France culture, Du grain à moudre


Le texte de Stone de1972 enfin traduit, avec une très riche préface de Catherine Larrère. Le long article technique de Stone mérite d’être lu, après cet éclairage philosophico-juridique, et l’on comprend mieux son argumentation. Pourquoi ne pas tenir compte des fleuves et des forêts, à qui certains reprochent de ne pas parler, alors même que des multinationales ou des collectivités territoriales ne parlent pas non plus et pourtant agissent, parfois au détriment de la « nature » ?
Esprit


Que faire quand la déforestation s’accélère, que les glaciers fondent à un rythme beaucoup plus soutenu que ne le pensaient jusqu’alors les scientifiques et que les océans se réchauffent à vitesse grand V? Quand les droits humains fondamentaux – droit à l’eau, à l’alimentation, à la sante – risquent de ne plus être garantis et que l’instinct de survie collectif de l’espèce humaine tarde à se réveiller? Ces questions, le juriste et professeur de droit américain Christopher Stone, se les étaient posées il y a plus de quarante ans.
Le Temps


Oui, vous avez bien lu : les arbres doivent-ils pouvoir plaider ? Et pourquoi pas ? Pourquoi les non-humains n’auraient-ils pas d’existence juridique ? Les animaux, mais aussi les arbres ? La nature ? Les fleuves ? En Inde, en Nouvelle-Zélande, des exemples attestent dorénavant de ce statut nouveau : la reconnaissance de droits juridiques aux objets naturels dont ce texte de 1972, jusque-là inédit en français, est fondateur. Dans sa préface, Catherine Larrère le replace dans son contexte temporel et élargit la réflexion aux nécessaires prises en considération politiques qui l’accompagnent. L’environnement comme sujet de droit : une position pacifiquement revolutionnaire qui ferait du bien à tout le monde si elle était validée par les textes.
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