Continent perdu

Norman Spinrad

7,00

En 1970, Norman Spinrad imagine un voyage dans les abîmes de la civilisation américaine défunte.
ISBN : 978-2-91695-298-7
112 pages
date de parution : octobre 2013

États-Unis, XXIIe siècle. 200 ans après « la grande panique », l’Amérique n’est plus que l’ombre d’elle-même. La nation qui avait mené l’homme sur la lune est aujourd’hui un pays sous-développé livré à l’industrie touristique. Les immenses mégalopoles, qui symbolisaient autrefois la grandeur et la puissance du pays, ne sont plus que ruines livrées à une pollution mortelle. Mike Ryan, guide et pilote indigène, s’apprête à mener son groupe de touristes – des représentants de l’élite africaine – dans ce qu’il reste de New York.

Publiée aux États-Unis en 1970 dans le recueil Science Against Man (La science contre l’homme), cette nouvelle s’enracine profondément dans l’Amérique de l’époque – celle de la conquête lunaire, du mouvement des droits civiques, de la guerre du Vietnam… – et offre un renversement de situation dont seule la science-fiction semble capable. Pourtant, 40 ans plus tard, alors que le monde occidental vit une crise économique sans précédent, que les États-Unis voient leur hégémonie fortement contestée, notamment par la Chine, et que le pays est devenu de très loin le premier producteur de CO2 par habitant de la planète, la réalité semble en passe de rejoindre le scénario de Norman Spinrad.

Norman Spinrad

Né le 5 septembre 1940 à New York, Norman Spinrad publie sa première nouvelle en 1963. Auteur de Jack Barron et l'éternité, il obtient le Prix Apollo en 1974 pour Rêve de fer. Il est pour les critiques américains « l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur des auteurs de nouvelles que compte le genre » comme l'a écrit Ursula Le Guin. Une réputation méritée qu'il doit au punch de ses idées ; des idées choc qui démolissent en quelques lignes les tabous littéraires et politiques apparemment les plus solides. Iconoclaste, contestataire, apôtre ambigu des hallucinogènes, Spinrad est un écrivain à l'humour dévastateur, d'une stupéfiante diversité. Critique féroce de l'Amérique, pourfendeur du racisme et de l'aliénation médiatique, Spinrad vit à Paris depuis le début des années 1990.

« Une virulente critique de la societe américaine. Amour et haine, dans une nouvelle qui n’a pas pris une ride.
Actu SF


Chaque livraison de la collection Dyschroniques est un vrai bonheur, en ce qu’elle remet à jour des récits oubliés ou introuvables, qui tous nous prouvent que la SF des années 50 à 80, où elle pioche avec prédilection, reste un formidable terreau de la pensée. A preuve, Continent perdu de Norman Spinrad, 1970, qui met en scène une expédition africaine redécouvrant les Etats-Unis devenus un champ de ruines, littéralement un pays du tiers-monde, dans un singulier détournement.
L’écran fantastique


Un texte malin, riche et ambitieux. Une fois de plus, Spinrad nous séduit par son espièglerie et son sens de la provocation «  »payante » ». Avec ses livres-objets agréables à lire, et son choix de textes très divers, la collection Dyschroniques est une jolie entreprise à soutenir.
Bifrost


Spinrad a toujours été le témoin critique de son temps, se servant de la science-fiction pour exacerber les problèmes présents ou à venir de la societe occidentale, qu’ils viennent des hommes eux-mêmes – sectarisme, soif du pouvoir, guerre des sexes – ou qu’ils soient issus de leur technologie – réchauffement climatique, dévoiement des médias, dérives de la virtualité. Continent perdu est une nouvelle preuve de ce besoin qu’a l’auteur de se frotter au réel pour mieux nous alerter sur ces « avenirs en dérive » qui nous guettent. Antagonisme racial, militantisme civique ou identitaire, pollution galopante due au « tout bagnole », limites de la conquête spatiale et par extension du progrès technologique, déclin des empires au profit d’autres puissances, tel est le programme de cette longue nouvelle publiée en 1970 dans le recueil Science Against Man (« La Science contre l’homme »). Dans le style percutant qui est le sien, le plus français des écrivains de SF américains attaque de front des problèmes réels qui quarante ans plus tard sont toujours autant d’actualité. C’est ça, la bonne science-fiction.
SF Mag


Magnifique leçon de relativisme historique – ce qu’était déjà sa contre-utopie mettant en scène un Hitler –, ce roman confirme que Spinrad est un auteur majeur du XXe siècle, dont le génie transcende le genre dans lequel il s’illustre.
Le salon littéraire