C’est en 1884, soit six ans avant la parution de son célèbre Nouvelles de nulle part, que le socialiste révolutionnaire et architecte-décorateur, William Morris, prononce cette conférence. Voici comment nous vivons et voilà comment nous pourrions vivre, écrit Morris, qui appelle à un sursaut collectif pour substituer la « coopération » à « l’état de guerre perpétuelle » inhérent au capitalisme, introduire la nature et l’art dans « ces conglomérats énormes, impossibles à gérer, qu’on appelle des villes », et refuser, au nom de la joie et de la dignité,la fatalité des « existences mécaniques ». Si le mot décroissance fait aujourd’hui polémique, ce texte révèle que l’idée, elle, ne date pas d’hier. Serge Latouche est professeur émérite d’économie à l’Université d’Orsay et objecteur de croissance. Il est notamment l’auteur de Le Pari de la décroissance (Fayard, 2006). Ce texte est suivi d’un entretien avec Christian Arnsperger intitulé « Construire le “biorégionalisme”,une démocratie par le bas » paru dans Imagine
7 € 96 pages - format 110x170 ISBN 978-2-916952-40-6
commanderRédigé vers 1549 par un tout jeune homme de dix-huit ans, De la servitude volontaire est le grand texte « à l’honneur de la liberté contre les tyrans » (Montaigne, Les Essais) de la Renaissance. À contre-courant des idées de son temps – on est alors en plein humanisme –, La Boétie constate non seulement que « l’amour de la liberté n’est pas si naturel », mais encore que le peuple est complice de sa propre servitude puisqu’il contribue, par son obéissance même, au maintien du tyran. Un demi millénaire après sa rédaction, cet essai éclaire toujours d’une lumière crue ce que Miguel Benasayag appelle « notre époque obscure ». Psychanalyste et philosophe, ancien militant guévariste, Miguel Benasayag est l’un des fondateurs du collectif « Malgré tout » dédié aux formes concrètes de résistance créative. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Résister c’est créer, avec Florence Aubenas (La Découverte, 2008). Cet essai est suivi d’un entretien avec Cornelius Castoriadis, intitulé « Un monde à venir » et republié récemment par la revue Ecorev’ (n°34, février 2010).
page suivante >> commander7 € 96 pges - format : 110 x 170 ISBN : 978-2-916952-51-2 Sortie juin 2011
De la servitude volontaire Etienne de la Boétie Préface de Miguel Benasayag
7 € 144 pages - format : 110 x 170 ISBN : 978-2-916952-50-5 Sortie septembre 2011
Opinion d'une femme sur les femmes Fanny Raoul Préface de Geneviève Fraysse « Réduites à n’être que d’élégantes poupées dans leur jeunesse, et de grands enfants toute leur vie. » Dans ce texte édité pour la première fois en 1801, Fanny Raoul annonce la couleur dès les premières lignes : c’est aux femmes qu’elle écrit, et « forte de [leur] approbation, [elle] osera tout braver ». Elle est confiante dans l’avenir, et dans l’utilité de son propos ; mais elle peint un tableau accablant de la condition féminine en France au début du XIXe siècle. « Objet de mépris » ; « hochet agréable [que l’homme] brise quand il en est las » ; « esclave dans la famille et nulle au sein de la Patrie »… La femme est réellement opprimée et asservie par le sexe masculin, qui proclame sa supériorité et son autorité dans tous les domaines. Elle démonte avec vigueur les préjugés, liste les injustices ; elle note que les femmes subissent la « barbarie » de leurs époux, qu’elles n’ont pas d’existence morale et qu’on a fini par les amener à douter de leur propre raison, et de leurs capacités intellectuelles. Elle réclame l’indépendance de la femme par rapport à l’homme, la liberté et l’égalité civiles, le droit à être chef de famille au même titre que le père, l’accès à l’éducation et à tous les métiers, le mariage sous le régime de la séparation de biens ; autant d’idées qui jettent les bases du féminisme. Fanny Raoul interpelle les femmes de son époque, les somme de « commander le respect » (qui d’autre qu’elles pourrait le faire ?), et c’est parfois encore hélas notre propre société qu’elle interpelle. À l’heure du bilan, que pouvons-nous répondre à cette phrase tirée de Opinion d’une femme sur les femmes : « Dans un demi-siècle au plus tard, les femmes auront recouvré leurs droits, ou l’Europe sera retombée dans la barbarie. »
commanderCet ouvrage de Léon Tolstoï (1828-1910), censuré en Russie dès sa parution en 1893 et réédité ici pour la première fois depuis plus d’un siècle, est le maître-livre qui influença de manière décisive Gandhi, alors jeune avocat en Afrique du Sud. Dans ce pamphlet virulent contre les États et les institutions de la violence, le grand écrivain de la terre russe dénonce la trahison des Églises, coupables à ses yeux de renier le « véritable christianisme ». Il martèle sa foi inébranlable en la non-violence et invite ses contemporains à faire le choix de l’insoumission plutôt que de se rendre complices de l’injustice. Alain Refalo est professeur des écoles et militant de la non-violence. Initiateur du mouvement de désobéissance pédagogique chez les enseignants du primaire, il est l’auteur de En conscience, je refuse d’obéir. Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école (Ed. des Ilots de résistance, 2010). Il est aussi président du Centre de ressources sur la non-violence de Midi-Pyrénées. Cet écrit, publié l’année du centenaire de la mort de Tolstoï, est prolongé par sa correspondance complète avec Gandhi, parue pour la première fois en 1993 dans la revue Alternatives non-violentes.
La Guerre sociale André Léo Préface de Michelle Perrot Un an après la proclamation de la République sous la menace des canons prussiens, quatre mois après la répression dans le sang de la Commune de Paris, André Léo (de son vrai nom Léodile Bera), dans ce discours prononcé le 27 septembre 1871 au Congrès de la paix de Lausanne, en appelle à l’alliance des forces démocratiques contre les régimes de « privilèges », appuyés sur la « loi du capital », et entretenus « par le mensonge, la peur, la corruption, la calomnie ». Cette allocution, l’une des rares « irruptions d’une présence et d’une parole féminine en des lieux qui leur étaient jusque-là interdits » (Michelle Perrot), est, pêle-mêle, un rappel de l’indissociabilité des principes d’égalité et de liberté, une dénonciation des perversions de la langue dans les discours du pouvoir, une charge contre l’ignorance des masses comme politique d’État, un geste vigoureux pour arracher son voile républicain au gouvernement réactionnaire qui préside alors aux destinées de la France.
commanderComment nous pourrions vivre William Morris Préface de Serge Latouchem
commander7 € 96 pages - format : 110 x 170 ISBN : 978-2-916952-49-9 Sortie février 2011
commanderInterpellations Octave Mirbeau Préface de Serge Quadruppani Après les attentats anarchistes de 1892-1893, le président du conseil Casimir Perrier soumet une série de lois, votées par l’Assemblée les 12 et 18 décembre 1893 et le 28 juillet 1894. Pendant plus de cinq ans, l’État appliquera avec la plus grande rigueur cet arsenal législatif qui réintroduit le délit d’opinion, permet l’interdiction des journaux et des groupuscules anarchistes, et désigne nommément ces derniers comme cible. Au cours de procès tenus à huis-clos, de très nombreuses peines de relégation (le bagne) seront prononcées. Dès le 1er janvier 1894 et jusqu’à l’éclatement de l’Affaire Dreyfus, Octave Mirbeau éditorialiste au Journal, puis à L’Aurore, prend la plume pour interpeller ses concitoyens et dénoncer avec force et dérision cette mise en coupe réglée de la contestation sociale et l’étouffement de la justice par le mensonge et la terreur. Un vigoureux plaidoyer contre l’antiterrorisme comme mode de gouvernement.
12 € 192 pages - format 110x170 ISBN 978-2-916952-38-3
Le Royaume des cieux est en vous Léon Tolstoï Préface Alain Refalo
En rééditant ces textes de grands penseurs, nous voulons participer aux débats d'idées qui traversent notre société, l'Europe et le monde face aux enjeux sociaux, démocratiques et écologiques du XXIe siècle.
7 € 96 pages - format 110x170 ISBN 978-2-916952-39-0
Zo d’Axa : un anarchiste, sans doute, mais « en dehors de toutes les règles, de toutes les théories, même anarchistes ». Pamphlétaire génial, il anime, de 1897 à 1899, le journal La Feuille, dont sont extraits ces articles. Dans la France coupée en deux de l’Affaire Dreyfus, d’Axa n’est d’aucun clan, mais garde « dans la mêlée la loyauté passionnée du mot juste et du coup précis ». Son humour féroce n’épargne guère. l’Urne : la boîte à pandores, les ouvriers : des esclaves satisfaits, les électeurs : des Poires… Et de lancer dans la bataille électorale son propre candidat : un âne. Bernard Langlois fonde en 1988 Politis, après une carrière mouvementée dans l’audiovisuel public narrée dans Résistances (La Découverte, 1987). A récemment fait valoir, en disciple de Lafargue, son « droit à la paresse »…, tout en ouvrant un blog, consultable sur Politis.fr. Ce recueil de textes est accompagné d’un article d’Hubert Prolongeau, intitulé « Les partisans du rire militant » et paru dans Le Monde 2 du 11 septembre 2009.
7 € 80 pages - format 110x170 ISBN 978-2-916952-29-1
Vous n’êtes que des Poires Zo d’Axa Présentation Bernard Langlois
commander7 € 80 pages - format 110x170 ISBN 978-2-916952-30-7
1729. La colonisation de l’Irlande est achevée depuis près d’un siècle. Le détournement du produit de la terre au profit des propriétaires anglais affame le peuple irlandais. C’est dans ce contexte que Jonathan Swift publie cette Modeste proposition. Ce chef d’œuvre d’humour noir, qui suggère aux Lords, pour remédier élégamment à la misère en Irlande, de mettre à leur menu de la chair d’enfant de pauvres, est aussi une arme rhétorique redoutable contre le règne de l’homme-marchandise, l’anonymat glaçant des arguments statistiques, les logiques aveugles et simplistes du profit à tout crin. Raoul Vaneigem a fait partie de l’Internationale situationniste. Son Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations inspira largement le Mouvement des occupations de mai 1968. Son œuvre oppose le concept d’autogestion généralisée à l’effondrement général programmé par la société marchande. Cet essai est suivi d’un article de D. Millet et É. Toussaint intitulé « Pourquoi une faim galopante au XIXe siècle et comment l’éradiquer », et publié sur cadtm.org.
Modeste proposition Jonathan Swift Présentation Raoul Vaneigem
commanderLe droit à la paresse Paul Lafargue Présentation Gérard Filoche
commander7 € 80 pages - format 110x170 ISBN 978-2-916952-24-6
Cette conférence, prononcée en 1912, est l’un des textes majeurs de l’anarchiste américaine Voltairine de Cleyre. Elle y étudie la légitimité d’un type d’action politique qui renaît chaque fois que sont menacées «les forces de la vie». Contre ceux qui tirent argument de la violence pour discréditer par avance tout mouvement social, Voltairine, puisant dans l’histoire contestataire des États-Unis, souligne l’inventivité des formes d’action directe et soutient la nécessité d’agir hors de toute médiation politique quand les droits les plus élémentaires ne sont pas reconnus. Normand Baillargeon est professeur à l'UQAM, essayiste et militant libertaire. Grand admirateur et éditeur au Québec de Voltairine, il est notamment l’auteur d’un Petit cours d’autodéfense intellectuelle (Lux, 2006). Cet essai est accompagné d’un article d’Emmanuelle Cosse, Marion Rousset et Samuel Lehoux intitulé « Créativité contestataire » et paru dans Regards en mars 2009.
commander7 € 96 pages - format 110x170 ISBN 978-2-916952-23-9
De l'action directe Voltairine de Cleyre Présentation Normand Baillargeon
Socialiste français inspiré notamment par Proudhon et Karl Marx, Paul Lafargue écrit en 1880 Le droit à la paresse, pamphlet qui prend à contre-pied les idées de l’époque sur le « droit au travail ». Revendiquer une réduction radicale du temps de travail, voilà qui serait véritablement révolutionnaire, écrit Lafargue à ses amis socialistes. La crise environnementale, l’impasse où nous a conduit le dogme de la croissance, le malaise grandissant dans l’entreprise…, tout tend à montrer aujourd’hui que plus de 120 ans de capitalisme, décomplexé ou non, n’ont rien fait perdre de sa vigueur à cette exigence. Gérard Filoche, rédacteur en chef de la revue Démocratie & socialisme, mensuel de la gauche du PS, inspecteur du travail, a publié récemment « Salariés si vous saviez... » (La Découverte, 2008). Cet essai est accompagné d’un article de Jean Zin, philosophe et militant écologiste, intitulé « Changer le travail, changer la vie ! ».
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